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Deux poèmes de Jean Follain

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Signes pour voyageurs

Voyageurs des grands espaces
lorsque vous verrez une fille
tordant dans des mains de splendeur
une chevelure immense et noire
et que par surcroît
vous verrez
près d’une boulangerie sombre
un cheval couché dans la mort
à ces signes vous reconnaîtrez
que vous êtes parmi les hommes.

Jean Follain, Usage du temps, Gallimard, NRF, 1983 [1943], p. 219

Quémandeur en automne

Son complet noir a des tons argentés
il reste devant la porte aux lions
fixant la sonnette fourbie
à bouton de cuivre qui reflète l’image
déformée des bicoques basses;
il ne se décide pas
il s’en va errer autour d’arbres secs
et de caniveaux engorgés
fait craquer sous son pas les feuilles rouges ;
dans l’épicerie la flamme d’une chandelle à sa fin
vacille près des salaisons
et derrière son front passent
les vieilles pensées.

Ibid., p. 122

Rédigé par davidjo

décembre 11, 2007 à 1:18

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